title. silence

date. 2020

city. Montreal. Canada 

medium. paper weaving and white corrector tape

          Le textile est intrinsèquement lié à la narration. Tisser une image peut s’apparenter à tisser un texte visuel, une histoire. Un livre peut être une structure très rigide. De la couverture dure à la densité des mots sur la page, quelque chose nous est imposé. Une narration. La narration choisie pour nous, celle que nous devons suivre le temps d’un roman. Si nous écrivons car nous sommes humains et nous nous savons mortel, nous interprétons tout ce qui nous entoure car nous avons tous un regard différent. Les pages parsemées de vides peuvent nous transporter dans un moment intime, silencieux et organique.
Tisser une narration à partir de lignes d’écriture, c’est contrôler physiquement et manipuler conceptuellement le récit. Une certaine liberté s’en dégage. La liberté de pouvoir écrire son propre récit et celle de produire une histoire où la narration respire et laisse place à l’imagination et l’interprétation. L’un des buts de ce projet Silence est de trouver une flexibilité au sein d’une structure rigide. C’est aussi de gérer la tension entre l’inconscient et le conscient quant à la sélection des mots qui permet d’offrir un poème unique, découse et fragile. 

 

Extraits du poème construit avec le tissage des pages

 


Explore le ravin sans mot.
Le silence le regard étrange
et, la flemme dans le cerveau
ses veines remontait jusqu’au plus profond de leur coeurs
la haine comprimée
et s’échapper.
Puis tomba


et
Puis, au bout de quelques instants,
le froid émergea et le silence dormait


Soudain le silence se rompit
un souffle humain doux, semblait accompagner
La nuit infinie


Puis
Après. Le cri
Aucun bruit ne troublait le silence
[…]


Le secret
je le sais.


Mais comme une écorce
c’est nous la clef
moitié moitié
[…]
dans la terre gelée
apparut l’écorce de bouleau.


Avec un contact
avec le rouleau d’écorce
recouvert de terre


et toujours silencieux.

© 2020 by agathe.